Heyi 合一

Le sens du nom

Le couple de caractères 合一 (heyi) évoque l’unité, la convergence ou la réunion de ce qui semble multiple.

On le retrouve dans plusieurs expressions célèbres, et de première importance dans la culture chinoise :

天人合一 (tianren heyi) : l’unité du Ciel et de l’Homme ;

文武合一 (wenwu heyi) : l’unité du lettré et du guerrier ;

文言合一 (wenyan heyi) : l’unité entre la transmission écrite et la transmission orale ;

知行合一 (zhixing heyi) : l’unité entre la connaissance et la pratique.

Le projet Heyi – 中法合一中醫藥學院 s’inscrit dans cette continuité. Son ambition est de montrer qu’il est possible de rassembler, au sein d’un parcours de formation, les différentes lignes qui constituent l’expérience individuelle d’un.e praticien.ne, afin qu’elles trouvent une cohérence et une convergence au lieu de rester simplement juxtaposées.

Les influences fondatrices du projet

L’académie Heyi est née de la rencontre entre plusieurs traditions d’enseignement et plusieurs manières d’aborder la médecine chinoise.

Médecine chinoise académique : l’enseignement universitaire de la médecine chinoise, notamment à l’Université de Montpellier, auprès d’Éric Marié, ainsi que la pratique clinique encadrée au premier CHU de Tianjin, constituent une base structurante indispensable.

Sinologie et histoire de la médecine : l’étude des textes classiques, de leur histoire et de leurs contextes de production apportent une méthodologie de travail rigoureuse et aiguisée, invitant à développer un regard critique sur les savoirs transmis.

Lignées cliniques chinoises et françaises : la richesse des courants de pensées hétérodoxes éclairent d’une lumière nouvelle la pratique clinique, qu’ils viennent de Chine (approches des formules classiques de la lignée de Hu Xishu, école Longsha de Huang Huang, médecine Taoïste de Wang Yingxu, approche clinique de Wang Juyi, etc.) ou de France (lignée de Jacques Pialloux et Jacques Martin-Hartz, enseignements de la SFERE, Régis Blin, recherches d’Abel Gläser sur les huiles essentielles et leur application en médecine chinoise).

Arts martiaux internes et médecine : l’expérience de cliniciens hors pair comme Tom Bisio nous montre qu’il est possible voire nécessaire de relier de manière cohérente et féconde les arts martiaux internes, le travail corporel et la médecine chinoise.

Transmission taoïste : l’enseignement reçu au sein de la lignée Wujimen 無極門 à Mingshan 明山 relie médecine, psychologie, arts internes et pratiques métaphysiques dans une même démarche de transformation, proposant une vision plus globale de l’être humain dans sa relation au monde.

Depuis quinze ans, la pratique en cabinet nous a permis de mettre ces enseignements à l’épreuve de la réalité clinique, en transformant l’étude en expérience vécue et la connaissance en savoir opérant.

De ce chemin est née une conviction : chaque praticien.ne peut rassembler les différentes lignes de son propre parcours en une unité cohérente et convergente, au lieu de subir un enchevêtrement d’influences dispersées.

Une pédagogie de la convergence

La médecine chinoise contemporaine est traversée par une grande diversité d’écoles, de méthodes et de traditions. Cette richesse constitue une force, mais elle peut aussi devenir source de confusion lorsque les enseignements sont reçus comme une succession de techniques ou de systèmes indépendants les uns des autres.

Heyi n’est pas l’affirmation d’une méthode unique ni d’une école exclusive. La pédagogie proposée repose sur une idée simple : apprendre à relier plutôt qu’à simplement accumuler.

Le projet vise à offrir un espace de formation où les étudiant.e.s pourront articuler la pluralité de leurs apprentissages en une trajectoire cohérente, vivante et féconde — un chemin où l’étude des textes, la diversité des écoles et la pratique clinique ne s’opposent pas, mais se répondent dans une unité en mouvement.